Les NAO… et les « droits » des salariés !

Exceptionnel ?

Les Négociations Annuelles Obligatoires commencent début mars et se termineront début avril : ce qui comptera dans cette négociation sera uniquement le poids de notre mobilisation.

En effet, les résultats de l’entreprise sont annoncés de nouveau « exceptionnels », ce qui n’empêche pas la direction d’approfondir sa politique d’individualisation des salaires, et de développement de la précarité.

Gains de productivité

Finie la période de menace de fermeture de site ! Aujourd’hui les usines manquent de place pour caser des machines, il faut pousser les murs. Les produits sortent, l’argent est là. Le chiffre d’affaires a atteint le montant qu’on nous a tant présenté comme le Graal : 500 millions d’euros.

Le résultat (63 millions en 2015), et le taux de profit suivent.

Ce qui n’augmente pas, ou pratiquement pas, c’est le chiffre des embauches, et nos salaires. En fait c’est la productivité de notre travail à tous qui augmente !

Des embauches….

L’accord NAO de l’année dernière prévoyait 70 embauches nettes sur l’année 2015, et c’était effectivement un chiffre minimum quand on voit l’augmentation des cadences dans les usines et la charge dans les bureaux… Mais cet engagement de la direction n’a pas été tenu.

Ce qui a augmenté c’est le nombre d’intérimaires, le nombre de sous-traitants, le nombre de contrats « spéciaux » de toute sorte (c’est-à-dire aidés par des fonds publics).

Ce qui a augmenté c’est la précarité.

…et des augmentations de salaire.

Nous revendiquons donc à ces réunions de NAO l’embauche en CDI de tous les précaires qui le souhaitent, et des augmentations de salaires conséquentes, tout simplement parce que l’argent est là !

Beaucoup de salariés nous interrogent sur le niveau de la participation et de l’intéressement ? Bien malin qui peut le dire, tout simplement parce que la direction fait ce qu’elle veut en la matière, l’année dernière, par exemple, elle a décidé de doubler l’intéressement en fin de NAO pour calmer le mécontentement. Que fera-t-elle cette année, cela dépendra des craintes que pourront lui inspirer les salariés.

En tous cas une chose est sûre, l’intéressement est aléatoire et dépend beaucoup des circonstances c’est pourquoi la Cgt revendique des augmentations de salaires qui n’ont pas cet aspect aléatoire ! 300 euros par mois pour tous !

Loi « TRAVAIL » : manifestons le 9 mars pour son retrait !

 Hollande et son gouvernement ont décidé « d’alléger le code du travail » : après une campagne de plusieurs mois pour conditionner les esprits, le texte présenté voudrait nous ramener  loin vers le passé et effacer les limites que de nombreux combats des travailleurs avaient permis de poser.

Une attaque en règle contre le monde du travail

  • Temps de travail : supprimer toutes les limites actuelles.

Travail 12 heures par jour au lieu de 10 au maximum, fractionnement du repos journalier de 11heures, possibilité de travailler 46 heures par semaine pendant 16 semaines consécutives, extension du forfait jours à de nouvelles catégories…

Chimères ? Pas du tout, qu’on se souvienne simplement que la direction voulait imposer 12 heures de travail par jour aux équipes de Week-end, au mois d’août dernier !

  • L’accord d’entreprise au dessus des lois !

Toutes ces mesures, et bien d’autres encore pourraient être appliquées après un simple accord d’entreprise. Finie la notion actuelle qui prévoit « qu’un accord ne peut qu’être plus favorable que la loi », la loi devient celle du patron qui doit chercher quelques acolytes dans l’entreprise pour la faire passer.

Chimères ? Qu’on se souvienne des plans « Pépé » ! Et la nouvelle loi prévoit en plus que le referendum organisé dans un contexte de chantage à l’emploi validerait le plan si pas d’accord signé par les syndicats !

  • Licenciement : retirer tout ce qui gène les patrons !

Les licenciements économiques seraient rendus plus faciles, les juges ne regarderaient que la situation de la société et non celle du groupe ; les recours aux Prud’hommes plus difficiles et les indemnités plafonnées à l’avance !

Chimères ? Qu’on se souvienne de la fermeture de Clairoix ! Continental a été condamné devant tous les tribunaux de France, avec cette « loi Travail » plus de problème, la fermeture d’un site deviendrait une formalité !

Soyons nombreux à nous mobiliser pour le retrait de ce projet !

Les patrons n’ont pas attendu ce projet de loi pour profiter du rapport de force que leur donne un chômage de masse : ils ont déjà imposé bien des reculs, et bien souvent ils n’appliquent pas le code du travail, comme par exemple l’utilisation de l’intérim et la sous-traitance !

Alors si on supprime les quelques règles qui restent encore, c’est un boulevard ouvert au MEDEF ; ce sont les conditions de travail et de rémunération de tous qui se dégraderont à grande vitesse.

Cela ne nous laisse qu’un choix, celui de la lutte collective aujourd’hui pour faire reculer Hollande et son gouvernement. Aussi pour l’avenir car le patronat montre au travers de ce projet quel est son programme et ce qu’il souhaite appliquer dans les années qui viennent.

Chaque point demandera des combats, salaires, temps de travail, précarité, licenciements, à chaque fois, la seule issue sera la lutte collective. Alors préparons-nous dès aujourd’hui !

Manifestation mercredi 9 mars, 11h30 place Jeanne d’Arc !

Débrayons* et retrouvons nous au métro Basso Cambo à 11h00.

*  pour débrayer, il suffit de prévenir ton SHD et de sortir

Ça suffit ! Tous ensemble, salariés actifs et privés d’emploi, retraités et jeunes, reprenons notre avenir en main !!

Droit du travail, UNEDIC, droits sociaux, statut des fonctionnaires, temps de travail, sécurité sociale, services publics, salaires, emploi, éducation ……., l’archaïsme et le retour au 19ème siècle ne passeront pas !! Le refus se généralise contre le projet de loi « Travail », porté par le trio Gattaz, Valls, Macron, avec l’aval appuyé de Hollande et le service commercial d’El Khomri.

Les étudiants et plus largement notre jeunesse se mobilisent sur les réseaux sociaux avec de nombreux appels et notamment autour du 9 mars prochain. La CGT 31 juge positivement cette traduction de la colère en envie d’agir et de gagner. Elle appelle à la mobilisation le 9 mars prochain, jour du conseil des ministres où sera présenté le projet de loi. Elle appelle à mettre en débat partout les modalités d’action, de grève et de manifestation.

En cette période trouble, notre  boussole c’est le mouvement social qui permet la rencontre du monde du travail et de notre jeunesse avec le progrès social comme objectif.

Dans la période, l’Union départementale CGT de Haute-Garonne, entend bien jouer tout son rôle dans le respect de toutes les autres organisations, tout en étant consciente de sa responsabilité particulière en tant que première organisation syndicale de salariés. L’exigence du retrait du projet de loi El Khomri est juste et ouvre des perspectives mais il porte plus loin. C’est l’austérité qui doit cesser pour laisser la place à une alternative assise sur les droits actuels garantis, mais également des droits nouveaux correspondants au 21ème siècle.

Un progrès social assis sur une politique de la demande qui prenne en compte l’écologie et la préservation de l’environnement, c’est non seulement possible, mais c’est indispensable et gagnable !

La CGT porte la revendication d’un nouveau statut du travail salarié ainsi que la sécurité sociale professionnelle en opposition à la flex-précarité que tente de nous imposer le MEDEF. Notre ambition c’est le plein emploi avec la mobilité choisie, tout en conservant tous ses droits.

La préservation du code du travail et son amélioration sont la base indispensable à cette revendication CGT.

Pour le plein emploi, notre ambition ce sont les 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire ainsi que des salaires sur la base du SMIC à 2000 euros,  c’est-à-dire 55 000 emplois, 2 milliards dans l’économie et 1 milliard dans les caisses de la sécu en Haute-Garonne. L’UD CGT de Haute-Garonne appelle à l’unité la plus large des salariés actifs et privés d’emplois, des étudiants,  des retraités. Elle appelle plus largement l’ensemble de la jeunesse et des citoyens à s’engager dans la, mobilisation et l’action.

Une première manifestation unitaire est organiséepour le retrait du projet de loi El Khomri. 

Le 9 Mars à 11H30

Manifestation unitaire et interprofessionnelle

au départ de la place Jeanne d’Arc. 

Les cheminots en lutte ce jour-là contre le démantèlement de l’entreprise rejoindront le cortège

Les fédérations qui appellent à la mobilisation : Chimie – Métallurgie – Organismes sociaux – Sociétés d’études

Le droit collectif n’est pas l’ennemi de l’emploi

Communiqué commun CFDT, CFE-CGC, CGT, FSU, UNION SYNDICALE SOLIDAIRES, UNSA, UNEF, UNL, FIDL
mercredi, 24 février 2016
Les organisations syndicales de salariés et de jeunesse signataires se sont réunies ce jour pour faire le point sur la situation sociale et économique notamment après la publication du projet de loi dit El Khomri, concernant la modification du Code du travail. Ensemble et à des degrés divers, elles constatent que ce projet, élaboré sans réelle concertation, va profondément changer la législation du travail et comporte des risques pour les salarié-e-s et les jeunes qui aspirent à accéder à un emploi.
Les organisations signataires ne sont pas satisfaites de ce projet et demandent le retrait de la barèmisation des indemnités prudhommales dues en cas de licenciement abusif et des mesures qui accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs.
Elles conviennent de travailler ensemble sur la construction de droits nouveaux, et sur les autres articles du projet, notamment, sur les licenciements économiques, le forfait jours, l’organisation du travail et la santé au travail, l’apprentissage, …
Les organisations signataires, conscientes des enjeux et des responsabilités du mouvement syndical sont porteuses de propositions et sont disponibles pour engager le dialogue permettant le développement de l’emploi, la lutte contre la précarité et la sécurisation des droits des salarié-e-s.
Les organisations signataires se retrouveront le 3 mars prochain afin d’approfondir leurs analyses.
Montreuil, le 23 février 2016

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Avant projet de loi El Khomri Des salariés flexibles et insécurisés

par Le Syndicat des Avocats de France ( Le SAF)

Le texte complet de l’article:  http://www.lesaf.org/blog-droit-social.html?fb_744639_anch=2884610

Le Gouvernement vient de transmettre au Conseil d’État l’avant-projet de loi sur la négociation collective, l’emploi et le travail (le projet dit El Khomri).

Tel un rouleau compresseur, le Gouvernement continue son action de destruction des droits des salariés avec la méthode utilisée sans relâche depuis 4 ans : après la loi de sécurisation de l’emploi, la loi Macron, la loi Rebsamen, il s’agit à nouveau de modifier les textes en prétendant améliorer les droits des salariés, mais en les réduisant en réalité. Seules les entreprises sont sécurisées, au prétexte de relancer l’emploi, sans aucune démonstration de l’efficacité de ces mesures depuis 4 ans.

Des pans entiers du Code du travail sont modifiés avec effets dévastateurs sur les salariés :

  1. Droits fondamentaux des salariés opposés au bon fonctionnement de l’entreprise
  2. Temps de travail réglé aux cas par cas par négociation collective d’entreprise
  3. Abandon des 35 heures pour une semaine jusqu’à 60 heures
  4. Le recours au référendum facilité
  5. Modification du contrat de travail sans justificatif.
  6. Baisse des indemnités en cas de poursuite pour licenciement abusif
  7. Mise du CHSCT sous tutelle du comité d’entreprise est encore renforcée.
  8. Uberisation du travail
  9. Compte Personnel d’Activité imprécis

Le Gouvernement tente le coup-double en déformant la notion de flexi-sécurité : flexibiliser le travail et sécuriser les employeurs… Sans simplifier le Code du travail ni sécuriser les salariés ! En guise de sécurisation, les salariés se trouvent confrontés à la précarisation de leur emploi et de leurs conditions de travail, à la complexité des règles appliquées et un socle commun du droit du travail qui se délite.

Le 4 novembre 2015, le Premier ministre annonçait : « C’est dans la continuité́ des grandes conquêtes sociales qui ont marqué notre pays que s’inscrira le projet de loi qui sera présenté́ au premier trimestre 2016. C’est là toute l’ambition du Gouvernement, en faveur du progrès social, pour un modèle renouvelé́, en phase avec les grands défis de demain ». C’est exactement le contraire. Ce projet de loi est en rupture totale avec les grandes conquêtes sociales et remet en cause la finalité même du Code du travail : protéger les salariés, du fait de l’inégalité intrinsèque entre les parties au contrat.